Les points sur les "i"

J.P.

13 janvier 2008

Mon programme ? Tous contre les crottes !

C’était hier soir, je sortais d’un partiel de droit civil (vous savez, là où on parle des incapacités…), et je devais me détendre, c’était écrit. Comme vous le savez aussi, le candidat de la droite à Lyon, c’est Dominique Perben, sorte de vieux beau qui a un programme béton, vraiment.

Pour porter sa personne et son programme, ce monsieur a tout comme moi, ouvert un blog où son équipe poste des articles très constructifs et où le débat inonde la toile. Dans la colonne de droite (évidemment) sont répertoriés les derniers articles mis en ligne, et il y a un, tout particulièrement, qui a attiré mon attention, c’est celui-ci. Son titre : «La ville est trop sale !».

Dans celui-ci, on y apprend que Monsieur Perben avait des rendez-vous partout dans Lyon un jour et qu’il a été transcendé par une prise de conscience de longue date sans doute : « je suis à chaque fois étonné du manque de propreté de Lyon », dit-il avant d’en établir les causes, « au premier rang desquels l'incivisme de certains lyonnais ». Ces faits et causes établis, voilà M. Perben en mauvaise posture, car il semblerait bien que son grandissime opposant et actuel maire de Lyon, M. Collomb, a déjà réalisé l’ampleur du phénomène (ça vole bas dites-moi) puisque « la généralisation d'une équipe de verbalisation des propriétaires de chiens indélicats est une bonne initiative prise par le maire de Lyon. »

Auréolé de tout ce nouveau savoir, je me décide à ouvrir les commentaires. Celui de lili est très évocateur (je garde l’écriture d’origine) : « Une politique de lutte contre les cacas de chien ds le 6è... hmmm quel programme ! Et pour le 3è ?
Qt à l'incivilité des Lyonnais, curieuse et étonnante méthode de séduction en période électorale.
C vrai, que les lyonnais font part de leur désarroi face au manque de propreté de crt quartiers, en conseil de quartier, on peut passer des heures et des heures à faire l'état des lieux EXAUSTIF des emplacements phares en terme de dejection canine et autre chiure de pigeon, quartier par quartier c'est vrai...merci donc, Monsieur PERBEN de vous en préoccuper ! ».

Mais si on lit une pointe ironique dans le commentaire de lili, celui de Catherine Ferrand apparaît plus sérieux : « Quand nos voisins Américains, Italiens, Allemands, Anglais viennent à Lyon, ils sont épouvantés par toutes ces crottes de chiens sur les trottoirs. On parle du rayonnement international de la ville mais ce que retiennent les étrangers c’est surtout l’odeur de la Lyon plus que ses lumières. » Mais Thérèse répond ! : « Chère Catherine, nos voisins Américains et Anglais sont tout autant épouvantés par les crottes parisiennes et marseillaises... ».

Parfois, je m’interroge quand même, car à la vue du nombre de sans-abri à Lyon (ce qui me choque le plus), on se demanderait presque si les crottes sont aussi assistées et aussi paresseuses que ceux qu’on voudrait croire ?

J.P.

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23 décembre 2007

Après le crime d’être sans-papiers, voilà le crime de les aider...

Voilà la dernière mouture de la politique de notre gouvernement : une disposition de la Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi), qui doit être présentée en janvier par MAM en Conseil des ministres, offrira la possibilité aux forces de police de placer des mouchards dans les ordinateurs pour surveiller les conversations par e-mail, ou encore par des logiciels comme Skype, contre ceux qui cherchent à protéger des personnes sans-papiers.

La politique des « quotas » considère les sans-papiers comme des marchandises, comme l’ADN, cette nouvelle disposition achève d’en faire des criminels. Il y a en ce domaine (comme dans d’autres d’ailleurs) une escalade que nous ne saurions qualifier, au minimum c’est inefficace et injuste, au maximum ça rappelle des périodes sombres de notre histoire.

J’ai déjà parlé sur ce blog de mystique. À nouveau nous sommes en plein dedans, car cette politique destructrice des solidarités et de la dignité humaine ne touche pas plus de 25000 individus sur les 60 millions que nous sommes. Mais ce qui importe pour les tenants de ce système est de criminaliser toujours plus et d’organiser une répression féroce : le résultat est qu’on lorgne chaque jour davantage sur le mythe construit par l’extrême droite, de « l’envahissement ». On cultive cette mystique communautaire et raciste qui, en d’autres temps, nous a causé un devoir de mémoire.

J.P.

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17 décembre 2007

Sarkozy, où l’art de cultiver la mystique…

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, ça y est c’est officiel, tout le monde en parle, les rédactions s’activent à nous publier des photos du nouveau couple. C’était samedi dernier, à Disneyland, symbole de la grandeur (folie) US, que notre adoré Président a réuni officieusement son parterre de paparazzis pour officialiser sa liaison. Mais ne nous étendons pas de trop sur les faits, ils sont assez bien décrits ici ou encore ici.

En plein dans mes révisions de vie politique française, il est un parallèle intéressant : le général Boulanger et la crise éponyme qui s’en est suivi dans les années 1887 – 1889. Aux origines de la crise, il y avait bien évidemment ce personnage, Ministre de la Guerre, qui sera glorifié comme le « Général Revanche » suite à l’affaire Schnaebelé. Or à l’époque, il y avait dans l’opinion comme une haine revancharde tournée vers la Prusse de Bismarck (nous sommes 17 ans après la guerre de 1870) et Boulanger va largement cultiver une forme de mystique haineuse.

Dans son histoire des institutions, Jean-Jacques Chevallier (1) explique ce phénomène (et nous éclaire) : « La République opportuniste avait eu une grande qualité : elle savait gouverner. Ses chefs étaient vraiment des politiques : le régime républicain, entre leurs mains expertes, ne risquait pas les mécomptes de 1848. Mais les peuples, qui ne vivent pas seulement de pain, ne vivent pas non plus seulement de bons gouvernements ; il leur faut aussi une mystique à laquelle les gouvernants sachent donner ou laisser donner un suffisant aliment. »

Gagné !

Après la nuit au Fouquet’s, après les vacances à Malte, après les infirmières Bulgares, après Cécilia le jour de grève, après Kadhafi encore, il y a Carla. Où l’art que possède notre Président pour cultiver cette mystique en méthode de gouvernement. Le voici qui hante notre imaginaire collectif : Sarkozy le riche, Sarkozy le sauveur, Sarkozy le tombeur… (beurk !) Là où il y avait Boulanger, il y a aujourd’hui Sarkozy : amer sentiment de se sentir annihiler par la schizophrénie de cette société.

J.P.

(1) Histoire des institutions et des régimes politiques de la France de 1789 à 1958, Jean-Jacques Chevallier, Armand Colin, coll. Classic, 9ème édition, 2001.

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